Préservation de la fertilité chez les femmes atteintes d'un cancer gynécologique
Publié le: 19 déc.2018
« Grâce au dépistage précoce et à de meilleurs traitements, le taux de survie au cancer augmente. Ainsi, lorsque de jeunes femmes en âge de procréer reçoivent un diagnostic de cancer gynécologique comme le cancer du col de l’utérus, des ovaires ou de l’utérus, la préservation de la fertilité devient un enjeu important », explique le Dr Sabhyata Gupta, directrice du service de gynécologie et d’oncologie gynécologique de Medanta – The Medicity.
Pourquoi la fertilité est-elle une préoccupation ?
Outre l'atteinte des organes reproducteurs chez la femme, les traitements cancéreux ont très souvent un impact sur la fertilité. Les médicaments de chimiothérapie, par exemple, sont connus pour détruire les cellules saines en même temps que les cellules cancéreuses. Certains médicaments de chimiothérapie peuvent affecter les ovaires : ils peuvent cesser de produire des ovules ou ne plus produire la quantité normale d'hormones nécessaires à la reproduction.
Dans le cas d'un cancer de l'ovaire, il arrive souvent que les deux ovaires soient retirés chirurgicalement, par mesure de précaution. La radiothérapie est également connue pour affecter la capacité des ovaires à produire des ovules et peut altérer les différentes couches de l'utérus, rendant la conception difficile. Même dans d'autres cancers, comme ceux du sang et du cerveau, le traitement peut avoir des répercussions sur les organes reproducteurs, même si la tumeur est localisée dans une autre partie du corps. Dans ces circonstances, lorsque les patientes sont en âge de procréer, la possibilité de concevoir et d'avoir des enfants est une question qui doit être abordée conjointement par les gynécologues et les oncologues.
Comment la fertilité est-elle préservée ?
Aujourd'hui, de nombreuses techniques chirurgicales non invasives sont utilisées pour aider les femmes à préserver leur fertilité. En voici quelques exemples :
Trachectomie
Aux stades très précoces du cancer du col de l'utérus, une trachélectomie peut être pratiquée. Cette intervention chirurgicale consiste à retirer uniquement le col de l'utérus (la partie inférieure et étroite de l'utérus), le reste de l'utérus étant conservé. Le fait de n'enlever que le col de l'utérus, et non l'utérus entier, permet à la femme de concevoir un enfant et d'accoucher par césarienne. Auparavant, une hystérectomie était systématiquement pratiquée chez toutes les patientes atteintes d'un cancer du col de l'utérus ou de l'utérus. L'hystérectomie consiste en l'ablation complète de l'utérus et du col de l'utérus.
Ovariectomie unilatérale
Dans de nombreux cas de cancer de l'ovaire, l'ablation des ovaires et des trompes de Fallope fait partie intégrante du traitement et permet de déterminer le stade de la maladie. Cependant, chez les femmes jeunes, aux premiers stades de la maladie, seule l'ovaire et la trompe de Fallope atteintes peuvent être retirées par une intervention appelée salpingo-ovariectomie unilatérale. L'utérus et l'ovaire controlatéral, d'apparence normale, sont alors préservés.
« Si l’on constate chez les patientes un risque de développer un cancer de l’autre ovaire, celui-ci est retiré après la naissance du bébé », explique le Dr Sabhyata.
Transposition ovarienne
Cette intervention vise à protéger les ovaires des radiations lorsqu'un cancer est détecté dans une autre partie de la région pelvienne. Grâce à la transposition ovarienne, les ovaires sont déplacés hors du champ d'irradiation par une chirurgie mini-invasive, ce qui permet de réduire considérablement les effets néfastes des radiations.
Suppression ovarienne par traitement hormonal
Parfois, un traitement hormonal est administré pour protéger les ovaires de la chimiothérapie. Les médicaments appelés inhibiteurs de la LH ont pour but de bloquer l'activité des ovaires pendant la chimiothérapie. Ainsi, la chimiothérapie n'a aucun effet sur les cellules ovariennes. Une fois le traitement terminé, les injections sont arrêtées et les ovaires recommencent à fonctionner.
Les médecins traitant le patient seront les mieux placés pour décider de la modalité et du succès du traitement, en fonction du diagnostic de cancer du patient ainsi que du stade du cancer au moment de sa détection.
Traitements non chirurgicaux
Dans les cas de cancers de l'utérus très précoces et bien différenciés, la fertilité peut être préservée grâce à un traitement médical non chirurgical. Cependant, toutes ces patientes doivent faire l'objet d'un suivi rigoureux.
En conclusion
Aujourd'hui, les progrès de la médecine garantissent aux femmes l'accès aux meilleurs traitements. Les thérapies de préservation de la fertilité permettent aux femmes de concevoir et d'avoir des enfants même après un diagnostic de cancer. Toutefois, cela implique également un suivi régulier par leur oncologue, leur gynécologue et leur spécialiste de la fertilité afin de prendre des décisions éclairées concernant la préservation de leur fertilité et de s'assurer que le cancer n'est pas réapparu ou ne s'est pas propagé dans une autre partie du corps.
« Cependant, la détection précoce est essentielle à l’efficacité de tous ces traitements. Plus le cancer est détecté tôt, meilleures sont les chances de guérison pour la patiente. S’il est détecté à un stade avancé, le gynécologue-oncologue n’a d’autre choix que de procéder à l’ablation des organes reproducteurs », explique le Dr Sabhyata.